Ceux qui me suivent depuis belle lurette sur mes blogs successifs ont déjà du voir cette histoire. Mais on s’en fout je recycle, et puis elle me plait bien. Ecologique avec ça, le Spha.


Allez, bonne lecture !

Bonsoir, les enfants.
Vous voulez une jolie histoire, avec plein de gentils animaux et une fin qui finit bien ?
Ben passez votre chemin, c’est pas ici que vous allez la trouver.

Cependant, les grands enfants qui sont comme moi passés par la case “Le Père Noel c’est les parents ?!?” peuvent rester écouter l’histoire que j’ai à raconter. Ça pourrait même vous plaire. Attention, je commence.

C’est l’histoire d’une petite fille, elle s’habillait toujours en rouge. Parce qu’elle avait lu dans le “Elle” de sa maman que le rouge c’était la couleur de la passion, de la séduction, qui attire les mâles surexcités et pleins de testostérone, tout ça. Et comme c’était une nymphomane en herbe (la preuve, elle avait laissé tomber ses Barbie “comment-apprendre-à-être-une-potiche” pour des Bratz “comment-apprendre-à-être-une-chixx”) elle portait du rouge, donc. Notamment une cape à capuchon (en cuir quand même), pour le côté femme-enfant qui séduit les hommes qui sont toujours un peu lubriques sur les bords. Alors, pour rigoler, on l’appelaitPetit Chaperon Rouge.

Un jour, le Petit Chaperon Rouge entendit la douce voix de fumeuse de sa maman l’appeler :
- Jennifer ! (oui, parce que c’est ça son vrai nom)
- J’suis sur MSN-euh!
- J’m'en fous, sors de ta chambre, j’ai une commission pour toi !
- Criss, y’a plus moyen d’avoir une p’tain de vie privée dans cette p’tain de maison, fuck p’tain je suis pas ta bonne, je suis pas ta fucking esclave!
- Et arrête de me parler sur ce ton!

Le temps que le Petit Chaperon Rouge change son nick en “écoeurée de cette putain de maison” et avertisse ses amis que sa fucking mom, ce tyran fasciste, l’exploitait, et la voilà devant l’auteure de ses jours, laquelle lui annonce :
- Ma chérie, tu sais que ta grand-mère est malade en ce moment…
- Qu’elle claque, la vieille peau, et on sera moins sur la paille,
décréta amèrement le Petit Chaperon Rouge en faisant éclater une bulle de bubble-gum.
- Justement, mon enfant, répliqua la maman qui en avait vu d’autres, pour qu’elle se souvienne de nous sur son testament, il faut faire certains sacrifices…Aller lui rendre visite, par exemple.

Le Petit Chaperon Rouge, qui avait compris où sa fucking génitrice voulait en venir, refusa net :
- Pas question que je me tape la moitié de la ville à pied juste pour t’enlever la corvée de faire coucou à la vieille. C’est ta mère, pas la mienne, démerde-toi.
- Si tu y vas en personne, tu auras sans doute plus d’argent sur le testament.
- Je veux une garantie.
- Dix piastres si tu réussis à la faire signer pour la totalité de ses biens.
- D’accord, mais pas en-dessous de vingt.
- Vendu.

Et voilà notre charmante enfant partie pour la maison de sa mère-grand, sautillant sur les trottoirs, gambadant gaiement parmi les fleurs sauvages, chantant avec les oisillons sortis du nid, balançant d’une manière ravissante son petit panier d’osier, et goûtant paisiblement à la quiétude de la nature tandis que le daim aux yeux doux et le joyeux lapin la suivaient sur son passage, entraînés dans le tourbillon de sa vigueur et de sa jeunesse….Hum, pardon, j’ai eu un renvoi de Walt Disney. Mais c’est bon, j’ai avalé. Poursuivons.
Bref, elle se met en route, emportant dans sa sacoche imitation Prada un p’tit remontant pour la mère-grand En chemin, notre Petit Chaperon apprécie son petit bout de marche en regardant les vitrines de Garage et en volant un bracelet chez Ardène.
Cependant, au bout d’un moment, la balade s’annonce moins drôle. La grand-mère, en effet, habite les faubourgs de la ville, d’une salubrité douteuse et sans magasins. Le Petit Chaperon Rouge s’ennuie ferme, et en plus elle a oublié son iPhone à la maison. Peut même pas écouter ses chanteurs préférés, ses exemples à suivres, comme The Pussy Cat Dolls, Chamillionaire, 50 cents, Jessica Simpson et Tokio Hotel.

Quand soudain (oui, ça fait plus suspense avec des formules comme ça) soudain, donc, surgit brusquement un Grand Méchant Loup. Vous noterez que l’infériorité physique de notre héroine est bien vite marquée par ce contraste : Petit Chaperon Rouge, Grand Méchant Loup.
Donc, le loup, non content d’être grand, et de plus méchant, mais cela, notre jeune demoiselle, dans sa candeur d’oie blanche, l’ignore. Pourtant, elle devrait le savoir, il a des tatouages et un shag. Mais que voulez-vous, les jeunes d’aujourd’hui… Le Loup entame donc la conversation avec le Chaperon :
- Hey ma jolie, par où cours-tu donc en cette belle journée ? lança l’infâme personnage.

Le Petit Chaperon Rouge, décide que ce Loup est un charmant jeune homme. Sa mère lui avait bien dit quelque chose de vague à propos d’adresser la parole à des inconnus, mais qu’à cela ne tienne, sa mère est une connasse de toute façon.
La délicieuse enfant, bien contente d’avoir trouvé quelqu’un à qui parler pour la distraire de son ennui profond, lui tient à peu près ce langage :
- Je vais chez l’ancêtre qui va claquer bientôt et il nous faut le fric du testament pour s’acheter des fringues de chez Dior et une connexion haute-vitesse.
- Ça par exemple, s’exclame le Loup, c’est bien gentil de ta part de rendre visite à ta mère-grand. Veux-tu jouer à un jeu avec moi ?

La jeune fille s’étonne au passage que cet individu s’exprime comme au Moyen-Age, mais elle a dejà vu pire, ce garçon est manifestement un noble, ou alors il est dans un mauvais trip d’acide. Elle accepte la proposition du jeu “sauf si c’est un truc sexuel parce que je viens de te rencontrer faut pas croire que j’suis une fille facile, même avec mon string qui dépasse de 15 centimètres de mon jeans Levi’s taille basse”.
Le Loup l’assure que jamais il n’aurait pensé pareilles insanités, et propose son jeu :
- Toi tu prends le long chemin, moi je prends le raccourci, et on va voir qui c’est qui qui arrive le premier à la maison de ta grand-mère.

Le Petit Chaperon Rouge, très confiante mais pas très brillante, dit oui pourquoi pas hou la la quel suspense je me demande bien qui c’est qui va gagner. Elle est mignonne.
Et les voilà partis, GrandMéchantLoupdoublePetitChaperonRougedèslepremiertournantohlàlàquelsuspense
mesamisetc’estGrandMéchentLoupquil’empoooooorteoooouh ! Voilà le Loup arrivé, donc. C’est un peu logique mais il faut faire semblant d’être surpris, ce conpte s’adresse à des Q.I. inférieurs après tout. Ah la la on s’y attendait pas dis donc, tu te rends compte le Loup il est là en premier.
Il sonne à la porte, donc. De l’interphone parvient la voix affaiblie de la Mère-Grand :
- Si c’est encore des-vendeurs-de-chocolat-et/ou-épices-et/ou-café-et/ou-confitures-c’est-pour-mon-voyage-de-fin-d’année, vous pouvez vous tirer d’ici ! J’ai le fusil de Grand-Père caché derrière la patère ! annonce-t-elle de sa voix douce et exhalant la bonté.
- Mais non, Mamie, c’est moi,
ânonna le Loup en prenant une voix de drag queen sur son come-back, c’est ta petite-fille bien aimée.
- Jennifer ? Tu veux quoi ?
- Je veux te voir, mamie chérie de mon coeur que j’aime très fort. Il paraît que tu es malade, alors maman m’envoie faire un check-up.
- Tu ne rentreras pas dans mon condo, fille de putain ! Si c’est pour l’héritage crois-moi, ta mère et toi, vous pouvez toujours courir !
- Mamie, j’ai trois grammes de coke et une bouteille de Jack Daniel’s.

La grand-mère, sous le poids de cet argument, fléchit enfin. Et là vient la ligne (du texte, pas de coke) la plus connue de l’histoire des contes de fées, que j’ai hâte depuis trois quarts d’heure d’écrire:
- Tire la chevillette, et la bobinette cherra.

Le Loup, un instant interloqué parce qu’il pensait que le Petit Chaperon Rouge s’appelait Jennifer et non pas Cherra, reprend néammoins vite ses esprits. Comme il n’a pas la moindre idée de ce que peut être une chevillette ou encore une bobinette, il appuie sur le bouton de sonnette à en faire exploser les tympans de la vieille et lui demande des explications. Excédée, la grand-mère lui annonce :
- Laisse tomber, petite idiote, t’as le cerveau rammoli. Le code c’est deux-trois-huit-cinq.

Le Loup, ravi de cette aubaine, tape prestemment le code et entre dans l’appartement de la mère-grand. Cette dernière est effectivement alitée. Le Loup, remarquant la forme distinctive d’une carabine sous les draps de l’aïeule, décide d’agir vite. Heureusement pour lui, la vieille dame est myope. Non, pour confondre un loup velu avec une radieuse jeune fille, “myope” est vraiment le plus gros euphémisme qu’on puisse utiliser. Disons qu’elle est aveugle, sourde et complètement attardée, et ça marchera peut-être. Le Loup s’approche alors, et minaudant toujours de sa prétendue voix de jeune fille en fleur, il déclare :
- Hou la la mamie, quel gros fusil à côté de toi ! Est-ce vraiment nécessaire ?
- On n’est jamais trop prudente. “Le mal est partout”, disait ta grande-tante.
- C’est dangereux de manier une arme pareille… avec tes problèmes de vue et tout… Laisse-moi la prendre et la mettre en lieu sûr. Genre, par-dessus la fenêtre, tout ça…

Sur ces mots, le Grand Méchant Loup s’empare du fusil et le jette par la fenêtre, de laquelle monte un brusque “Aïeuuh”. C’est le Petit Chaperon Rouge (y’était temps) qui se l’est pris sur la tête. Encore sous le choc, elle entre dans le condo dont la porte était ouverte, pour trouver le Loup en flagrant délit.
- Zut alors, s’exclame l’innoncente demoiselle, j’ai perdu la course !
- Jennifer? C’est toi ? s’écrie alors la grand-mère alarmée. Mais qui est donc le traître qui a passé ma carabine par la fenêtre ? Tire ce chien…
- Loup, s’il vous plaît.
- … Et tu auras tous mes biens !

Il n’en fallait pas plus pour transformer notre innoncente jeune fille en dangereuse tueuse. Rapide comme la brise de printemps (oui, j’aime les contradictions,  etalors ?) elle court jusqu’à la commode de la grand-mère, en haut de laquelle se trouve un sabre. Elle dégaine l’arme telle une Mariée Ensanglantée et se jette sur le malheureux Loup, transformé en Whiskas en moins de temps qu’il n’en faut pour trouver la capitale de la Saskatchewan c’est quoi son nom déjà ça commence par un R bordel. Une fois libérée du Méchant Loup, la petite-fille somme son ancêtre de tenir sa parole. Ce à quoi la grand-mère répond :
- Tu peux aller te cacher, saleté de hippie ! Tout ira à mon dentiste!

Malheureusement pour elle, elle avait oublié le fait que le Petit Chaperon Rouge avait toujours le sabre à la main…
Et ils vécurent heureux jusqu’à la fin des temps.

Voilà. Fin. Et maintenant, éteignez moi ce PC.

Excusez le coté trash :D Un grand merci à Wasab.



One Response to “Une histoire au bon goût de Disney ?”  

  1. 1 Rebecca

    kOukOuuu tOiii bah je la trOuve super cette histOire!!! bisOuxxxx cOntinue cOmme ça tu as beaucOup de talent mOn p’tit!!!

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